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un DC20 "Magic Trix" Sur le lac d'ANNECY

DC20

 

 

Je voulais vous faire partager l’aménagement de Magic Trix.
J’ai acquis ce DC20 en Suisse en 2011. Le bateau était en très bon état. Son premier propriétaire l’a acheté en 1968, et l’a conservé, pour un usage promenade, sur le Lac de Neuchatel, pendant 40 ans. Il a ensuite était racheté par le chantier naval « l’Atelier du Port » à Gletterens, pour un usage de location à la journée, toujours sur le Lac de Neuchâtel. Le nouveau propriétaire a donc fait les travaux nécessaire à  cette activité : changement du gréement courant, vérification du gréement dormant, peinture intérieure refaite, moteur HB neuf. Seule petite entorse à son esthétique, plusieurs pièces de bois ont été remplacées : taquets, barre en aluminium, mains courantes en plastique. Je lui ai donc offert une magnifique barre en lamellé collé, des taquets et mains courantes en acajou.
En fait, le bateau n’a jamais été loué, et le chantier souhaitait s’en defaire au profit de quelqu’un qui s’occuperait bien de ce DC20.
La transaction est rapidement conclue, nettoyage, antifouling neuf, et je repars avec TRIX. J’en profite pour remercier Patrick (propriétaire du DC20 194 Ty Souisse ) pour ses précieux conseils pour l’immatriculation en France, d’un bateau venant de Suisse.
Le jeu de voiles est complet, mais usagé, seul l’immense spi de 50 m2 est en bel état. Je précise que ce DC20 est équipé d’un gréement « Lac » ou « Suisse », dont vous trouvez les plans sur le site.
Souhaitant régater sur le Lac d’Annecy avec ce bateau, j’ai donc prévu de refaire tout l’accastillage, qui est, pour l’essentiel, d’origine. Aucune drisse ne revient au cockpit.
Mon premier travail est donc de ramener drisse de GV, foc, spi au cockpit et d’installer un cunninghan. Il me faut donc installer des boites à réa sur la cabine, des poulies de renvoi au pied de mat, et les bloqueurs sur la cabine : coinceurs spinlock pour les drisses, taquets coinceurs à cames pour les manœuvres de tangon et le cunningham.
J’ai essayé d’adapter au mieux l’ergonomie pour faciliter les manœuvres rapides en régate,  mais également, il faut l’avouer, pour me faire plaisir dans l’aménagement de ce plan de pont. A tribord donc les drisses de foc et de spi, le cunningham. A babord la drisse de GV et les manœuvres du tangon. Même si ce choix va à l’encontre de certaines traditions nautiques (le drisse de GV devrait être à tribord), j’ai adapté ce bateau à mes habitudes : pour un droitier, comme je vais manœuvrer plus souvent la drisse de spi et de foc, je les préfère côte à côte et à tribord.
Winch et taquet de voiles d’avant : j’ai conservé les winchs qui ne sont probablement pas d’origine, et leur ai fait subir un nettoyage- graissage complet. Je les ai toutefois rehaussés et changé leur inclinaison car les écoutes avaient une franche tendance à surpatter. L’angle de tire ainsi modifié m’assure désormais des manœuvres fluides. Le blocage se fait avec un taquet coinceur à cames.
Ecoute de GV :
L’écoute de GV revenait sur un winch sans manivelle. J’ai remplacé ce système par un palan 4 brins Harken.
L’ancien chariot réglable avec des vis papillons a été remplacé par un tout nouveau chariot Harken. Celui-ci permet de reprendre le chariot au vent sans avoir à libérer sous le vent. Dans les virements de bord, le blocage de chariot sous le nouveau bord se fait automatiquement. Pas vraiment donné, ce système est un régal lorsqu’on y  a goutté. Il apporte un vrai plus avec un bateau sur lequel on doit vite réguler au chariot dès que le vent monte.
J’ai conservé ma bôme à rouleau, le système étant en bon état. Le palan de pataras a été changé pour un neuf. Le hale-bas de bôme à 4 brins remplacé par un 6 brins.
Après une saison de régate, rien à dire sur l’accastillage actuel et le plan de pont.  Cet avis est partagé par mes équipiers.
Je vais toutefois apporter quelques compléments :
Doubler les taquets coinceurs de voiles d’avant, afin de mettre les manœuvres de spi, qui ont une tendance naturelle à passer à l’eau, lorsque cette voile n’est pas hissée.
Installer un palan d’étarquage de GV par le bas : ma bôme est sur un chariot. Sur les conseils du Maître voilier, je n’utilisais plus ce système, ma bôme bloquée sur son chariot, j’étarquais ma GV par la drisse. Je me suis rendu compte qu’en régate (et oui sur le Lac d’Annecy nous sommes abonnés aux petits airs), j’étais souvent amené à lâcher et reprendre de la drisse. N’ayant pas de winch sur la cabine, et avec l’angle de tire entre le coinceur de GV et le winch de génois, c’était le surpattage assuré. Avec l’étarquage de la GV par le bas, le problème est résolu.

Les voiles :
Quand le moment est venu de commander les voiles, je décide de contacter des ateliers de voilerie en Suisse : c’est pratique car j’habite à quelques km de Genève, il y  a encore beaucoup de DC20, et mon gréement n’est pas connu en France.
Je fais plusieurs demandes de devis. Quelques maisons ne me répondent pas : elles préfèrent probablement équiper les Toucans ou les Décisions 35 des banquiers.
J’ai donc un devis de North Sails et un d’Europ’Sails. Pour un jeu complet,  GV, Génois léger et spi, North est plus cher. Je n’hésite pas longtemps car le Maître voilier d’Europ’Sails me propose spontanément de venir  prendre les côtes sur mon bateau afin de faire les voiles les plus adaptées.
Europ’Sails est très connu en Suisse, leur logo est visible sur de nombreux bateaux de régate sur le Leman. Toutes leurs voiles sont taillées et assemblées dans leur voilerie, près de l’aéroport de Genève. ( cliquez ici pour voir le devis)
Je suis assez fier de voir Daniel Stampfli, régatier de haut niveau, 6 victoires au Bol d’Or, me rejoindre sur  Magic Trix pour prendre les mesures.
Quelle garde robe choisir pour un voilier équipe d’un gréement Suisse, et qui va régater en France ? Car si les Suisses stipulent qu’un DC20 France peut régater en Suisse sans bonus ni malus, il n’y a rien d’écrit sur un DC20 Suisse qui régate en France. J’abandonne rapidement l’idée de faire des voiles à la jauge : ma bôme est trop courte.
Essayer par le jeu des compensations entre les différentes voiles à arriver au rating du DC20 « Français » est un vrai casse-tête.
Prendre des voiles à la jauge Suisse,  pourquoi pas, mais je ne vais pas beaucoup régater là-bas (quand j’y vais je peux disposer d’une place sur un Surprise), et cela ne m’apportera rien pour la jauge HN France.
La Maître voilier propose de me tailler des voiles « qui marchent », et adaptées à la régate sur le Lac. Ensuite je ferai jauger ces voiles pour obtenir mon handicap, comme un proto.
Je passe donc commande…et ne suis pas déçu. Les voiles sont très belles et bien taillées.
Nous avions choisi de prendre un spi d’une taille plus raisonnable que le 50m2 qui était avec le bateau lors de son achat (je ne sais pas d’où il sortait), afin de ne pas trop alourdir mon handicap.
La voilerie m’a fait un renfort dans le guindant de la GV afin de ne pas l’abimer lorsque je prends des tours de rouleau pour réduire la surface.
Mes surfaces de voile :

  1. GV : 14 m2
  2. Génois : 16,5 m2
  3. Spi : 37,6 m2

Avec ces surfaces, Magic Trix a un rating de B11, alors que le DC20 « France » est en B8.
Je n’ai pas eu l’occasion de comparer sa vitesse à un autre DC20, mais le bateau est rapide, si je le compare à ses concurrents actuels.  Il m’est arrivé de « gratter » des First Class 7 et des Surprises au vent arrière (je ne pense pas que ces bateaux étaient parfaitement menés).
J’ai l’impression toutefois que je paye cher ma surface de voile supplémentaire. Ainsi je n’arrive pas à suivre les First 235, qui sont au même rating, sur les bords de près. Il m’arrive régulièrement d’être dans les premiers bateaux à passer la ligne, cependant je ne sauve pas mon temps en compensé. Mais quelle est la part du bateau, de l’équipage, de l’option ?
Cette année, j’ai complété ma garde-robe avec un Génois inter de 12,14 m2 et un foc de brise de 5,4 m2.
J’ai demandé un Génois à faible recouvrement, en espérant gagner en cap. Je n’ai pas encore eu le temps de bien tester cette voile.
J’utilise toujours mon spi « géant », dans les balades de petits temps, ou les sorties de club. Celui-ci alimente les conversations à l’heure de l’apéro…

 

Philippe